Jean-Baptiste Botul, La vita sessuale di Immanuel Kant, Ombre Corte, Roma 2001, pp 94


Se si pensa che La vita sessuale di Immanuel Kant di Jean-Baptiste Botul è stato pubblicato in Italia con il contributo del Ministero degli Affari Esteri francese e che "Le Monde" (vedi nota), in un articolo sul kantismo di Giovanni Paolo II, attinge autorevolmente da questo libro, c'è già molto per fare arrossire la calca polifonica della cultura francese oltre che per festeggiare il bravissimo Frédéric Pages, curatore di questo libretto e autore (sospettato) di questa non ancora riconosciuta finzione letteraria.
Perché Pages ha fatto un'operazione degna di Georges Perec e Max Aub. Si è inventato dal nulla un personaggio (il filosofo Jean-Baptiste Botul) e gli ha fatto pronunciare, nel 1946, davanti ad una strana comunità di kantiani del Paraguay, una fantomatica conferenza sulla vita sessuale di Kant. E le cose pronunciate sono così assurde (e spassose), che non si capisce come si possano credere autentiche. Nella cronologia della vita di Botul, di cui Pagès ci dice giustamente che si sa pochissimo, scopriamo infatti che nel 1904, all'età di otto anni, Botul ha conosciuto Baden-Powell, il fondatore dei Boy Scout, che nel 1920 ha avuto una breve relazione con la principessa Maria Bonaparte, e che nel 1930 ha intrattenuto una corrispondenza amorosa con la sempreverde, ma anche sessantanovenne, Lou Andréas-Salomé. Poi, sull'astinenza sessuale di Kant e sulla sua vita assolutamente regolata, troviamo ad esempio osservazioni così bizzarre che forse solo Georg Groddeck avrebbe potuto raccontare: "la Verità che si voleva nuda attraverso l'esperienza e la speculazione, la si contemplava, alla fine, tra le gambe della prostituta, professionista della «cosa in sé» [...] Il filosofo kantiano è un cliente particolare. Paga per la Cosa, ma si proibisce di toccarla". E il dispositivo ironico di Botul-Pagès non è soltanto, come potrebbe sembrare, una reductio ad absurdum, ma diventa anche una specie di una reductio ad Hitlerum. Pensando infatti ancora una volta all'articolo di "Le Monde" (e dimenticandoci invece del Ministero degli Affari Esteri francese), leggiamo: "alla fine in una apoteosi diabolica, si può invertire la morale kantiana punto per punto [...] si ottengono allora delle regole che abbiamo conosciuto in questo barbaro XX° secolo".  
Festeggiando quindi il buon risultato della finzione di Pagès, sembra però che gran parte dei suoi meriti risieda nell'abitudine ai giochi di parole (o ai "fuochi" di parole, direbbe Derrida) di quella filosofia del novecento francese (dei nipotini di Lacan, di Sartre, e dei nipotini-bis di Père Ubu) che un po' ci ha mitridatizzati (con nostro grande divertimento, tuttavia) all'assurdo e al bizzarro.
Edoardo Camurri












Riportiamo per intero l'articolo di  "Le Monde diplomatique" ( febbraio 2001, pag. 29) cui si fa cenno nel testo.

PARFOIS, les maîtres ne savent pas se faire comprendre. Le Père Garrigou-Lagrange est de ceux-là. Ce disciple respecté de saint Thomas d'Aquin a dirigé les travaux des éminences ecclésiastiques. Et sa mémoire oppose deux de ses distingués élèves : Karol Wojtyla, devenu en 1978 Jean Paul II, et Claude Geffré, théologien dans l'ordre de saint Dominique. 

Intime du souverain pontife, George Weigel a rassemblé les épisodes de la vie de Karol Wojtyla dans une monumentale biographie (1). Il dépeint le chef de l'Eglise en philosophe du politique obstiné, tourmenté mais toujours innovateur. En Pologne, le jeune prêtre travaillait déjà à réaccorder les formes du discours thomiste de l'Eglise à l'effrayant univers moderne de l'individualisme. Y par vientil ? 

En conversant avec Gwendoline Jarczyk, Claude Geffré répond par la négative, avant de proposer une pensée alternative à l'humanisme chrétien de Jean Paul II. Mais Profession théologien (2) est avant tout l'occasion de relire un parcours façonné par la foi et l'étude, un itinéraire guidé par la compréhension de l'autre et l'enchantement du monde. 

Jean Paul II, Claude Geffré : une même foi les rassemble, une philosophie les divise. Le dominicain, néanmoins attentif aux errements contemporains, admet l'autonomie des consciences individuelles ; le pape s'en voudrait le tuteur infaillible. Le premier évolue dans l'univers de la modernité ; le second reste cantonné au monde de la tradition, persuadé que les sociétés démocratiques, coupables du refus de la transcendance, creusent leur propre tombe, comme si Auschwitz n'avait pas servi de leçon. 

On a pu dire du souverain pontife qu'il aurait été mieux compris s'il avait succédé à Pie XII plutôt qu'à Jean XXIII. George Weigel démontre la pauvreté de cette analyse. « Ut unum sint » (3), aime à répéter le pape, dont le biographe met en lumière la cohérence : des plaines polonaises aux collines romaines, c'est un seul et même homme à la tête d'une seule et même Eglise, maîtresse d'une Révélation posée une fois pour toutes, angoissée par la « corne d'abondance de la permissivité », les sirènes trompeuses de l'indifférence au bien et au mal. 

Jean Paul II en appelle à une thérapie du sacrifice et de l'oubli de soi. Il fait siens les accents kantiens dans la promotion du martyre, couronnement de l'existence authentiquement chrétienne. Tout son travail depuis le séminaire viserait à parvenir à une formulation catholique de l'impératif catégorique théorisé par le philosophe de Königsberg. 

Les éditions des Mille et une nuits ont eu la bonne idée de publier la conférence prononcée par Jean-Baptiste Botul (4) à Nueva Königsberg, une colonie d'émigrés allemands au Paraguay. Botul raisonne sur les pratiques sexuelles de l'immense philosophe, et ce qui aurait pu passer pour une futilité condamnable se révèle une profonde réflexion (5). Emmanuel Kant traque le sentiment qui égare la raison. Sa vie n'est que haine des plaisirs, purge des passions, observance stricte de la chasteté, de la maîtrise du corps, de la sédentarité et d'habitudes confinant à la maniaquerie. 

Botul résume son projet : « Je voudrais vous montrer qu'il y a dans cette banalité voulue, cultivée, quelque chose de consubstantiel à la philosophie de Kant » et à la profession philosophique en général. Jean Paul II ne vit pas autre chose que cette règle universelle du bon exercice de la raison. L'apologie du devoir relie Rome à Königsberg, même si « la morale kantienne permet de fonder un régime qui a la force d'une cité religieuse sans les inconvénients du cléricalisme ». 

L'auteur ne cache pas son scepticisme vis-à-vis de l'ambition kantienne de discipline. Il met en garde son public, rappelle le tempérament suicidaire, hypocondriaque, obsessionnel du maître : « La régularité de son emploi du temps et la monotonie de cette vie studieuse cachent des aventures épouvantables, des excursions aux confins de la folie. Les monstres rôdent. Les lubies kantiennes sont une camisole de force qu'il s'applique héroïquement pour ne pas basculer dans l'immonde. »

YOHANN ABIVEN.

(1) George Weigel, Jean Paul II, témoin de l'espérance, Jean-Claude Lattès, Paris, 1999, 1 173 pages, 198 F. (torna supra)

(2) Claude Geffré et Gwendoline Jarczyk, Profession théologien, quelle pensée chrétienne pour le XXe siècle ?, Albin Michel, Paris, 1999, 315 pages, 120 F. (torna supra)

(3) « Pour qu'ils soient un », verset de l'Evangile. (torna supra)

(4) Jean-Baptiste Botul (1896-1945) : philosophe français de tradition orale, aide de camp d'André Malraux, proche de Jean Cocteau.  (torna supra)

(5) Jean-Baptiste Botul, La vie sexuelle d'Emmanuel Kant, Mille et une nuits, Paris, 1999, 93 pages, 10 F.(torna supra)
dal 27 maggio 2002
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Kant semble avoir vécu dans la chasteté la plus complète. On ne lui connaît ni épouse ni maîtresse. C'est du moins ce que prétendent ses biographes. Philosophe français méconnu, Jean-Baptiste Botul (1896 - 1947) s'est penché sur ce délicat problème à l'occasion de conférences prononcées en mai 1946 au Paraguay. Il y expose pour la première fois la thèse selon laquelle "les philosophes ont inventé un moyen extraordinaire de se reproduire : ils ne pénètrent pas, ils se retirent. Ce retrait porte un nom : la mélancolie". Ce texte retrouvé dans les archives de Botul, qui éclaire d'un jour nouveau La Vie sexuelle d'Emmanuel Kant, est ici présenté par Frédéric Pagès, agrégé de philosophie. 
In questo testo si ritrovano i temi centrali della filosofia della storia di Kant e le sue idee sul rapporto tra politica e morale. La "pace perpetua" è, per il filosofo tedesco, il luogo in cui con maggiore chiarezza appare il nesso tra morale e politica, che occupa un posto di grande rilievo nella sua filosofia della storia. 

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