traductrice donnait pour éclaircir l’ouvrage. Puis, j’ai lu sur wikipedia (français) que Balzac adorait La Divine Comédie (le titre de La Comédie humaine est un hommage à l’œuvre de Dante), « le seul poème que les modernes peuvent opposer à celui d’Homère ». Il ajoute qu’il n’a jamais été satisfait par ce qu’on disait sur La Divine Comédie, surtout pas par ce que les commentateurs disaient, et qu’il remercie le prince de Teano de lui avoir révélé la clé de l’énigme. Immanquablement, j’ai été pris de doutes et me suis demandé si j’avais bien compris le livre…
Un an plus tard, j’ai lu l’Odyssée. Je ne me rappelais presque rien des passages que j’avais lus à l’école, à dix ans. (Mettre Calypso entre les mains d’un enfant…) Ulysse a disparu après la guerre de Troie ; sa femme Pénélope attend fidèlement, tandis que de vils prétendants la lutinent. Vingt ans d’attente. Pendant ce temps, Ulysse vit plein d’aventures, périlleuses et chaudes, avec des monstres et avec des femmes. Il finit par retrouver son Ithaque, sa femme, son fils Télémaque, et massacre les courtisans. Come le veut l’exercice de l’épopée, Homère glorifie les vertus de l’époque : pour l’homme, valeur au combat, dévotion à la patrie, protection de la famille, constance, amour des plaisirs de la vie (banquets, lit) ; pour la femme, fidélité, patience, capacité à se mettre en retrait. L’homme joute, couche, chasse : c’est un conquérant ; la femme attend, pleure fils et mari : c’est une femme au foyer.
Par ailleurs, dans l’Odyssée, les dieux sont les élans du cœur des Hommes, les vicissitudes de la vie, ou encore la chance et le destin (mais pas un destin scellé par une force supérieure, un destin résultant des choix et des mouvements des hommes). Les dieux sont protéiformes comme les évènements peuvent l’être, changeant à chaque instant. Tout ce qui est appelé « dieu » représente quelque chose, finalement, d’humain (la guerre, le courage, aussi bien la justice) ou naturelle (le vent, le soleil) : ce sont des métaphores, des métaphores soit de l’environnement, soit de ce dont sont capables les Hommes. Come l’a écrit Malraux dans Le Musée imaginaire, un brillant essai sur l’art, les Grecs sont le premier peuple à donner une forme humaine idéalisée à leurs dieux, à être humaniste si l’on peut dire. C’est aussi, selon moi, ce que fait Homère dans l’Odyssée : à travers des personnages héroïsés, il chante comment les Hommes doivent se comporter, vivre, agir, non pour satisfaire les dieux, l’équilibre du monde ou autre chose sacrée, mais pour être en accord avec les aspirations de leur société. Le pouvoir est passé des dieux aux Hommes.
La Divine Comédie est la réponse d’un chrétien érudit à l’Odyssée. Chacun est jugé et sanctionné par Dieu : le pécheur en enfer, le saint au paradis, le pécheur véniel au purgatoire. Le pouvoir est repassé à Dieu ; le seul choix qu’a gardé l’Homme est de mener sa vie afin de satisfaire aux enseignements divins. Certes, il est difficile de déterminer, quand les Hommes de cette époque justifient leurs agissements par Dieu, la part de vraie croyance et la part de prétexte. Mais il est sûr que la foi du Moyen Âge n’est pas celle de l’Antiquité : les Grecs cherchaient à exister sous les dieux, les Européens du Moyen Âge cherchaient à exister selon Dieu. Toute La Divine Comédie relate le destin que Dieu fait aux Hommes selon leurs agissements, après la mort, il loue ceux qui ont bien suivi la parole divine, il vitupère contre ceux qui ont suivi autre chose. Comme Ulysse, Dante fait un voyage, mais il n’est pas du tout un héros ! c’est un Homme, une créature limitée ; primo, c’est un pécheur ; secundo, il a des réactions humaines devant les pécheurs (compassion, dégoût), les saints (humilité, fascination) ; il est variable, pas comme Dieu, faible, pas comme Dieu, de qui il devrait pourtant suivre la loi.
Toutefois, cela ne veut pas dire que suivre l’exigeante loi divine soit une souffrance, une cruauté. La place de Béatrice dans La Divine Comédie, l’amour perdu de Dante, est très intéressante. Au début, on comprend que Dante a trompé Béatrice avec d’autres femmes, un péché selon la religion chrétienne. Vers la fin du purgatoire, Virgile s’arrête (l’écrivain d’une autre grande épopée antique) et, parmi les saints les plus glorieux, Béatrice retrouvée guide Dante presque jusqu’au zénith du paradis, à la béatitude. Que cela signifie-t-il ? Ulysse a connu Calypso, Circé et d’autres durant son exil, puis est rentré à Ithaque et personne ne le lui a reproché. Mais c’est pour Dante un péché, car l’amour d’une femme unique, c’est-à-dire son respect, des échanges avec elle, l’écoute, l’altruisme, le partage, sa connaissance, mène à la béatitude. Et les enseignements de Dieu invitent de façon primordiale au mariage et y exigent la fidélité ; donc suivre la loi divine peut requérir un effort, mais ce n’est point une souffrance : c’est le chemin vers le bonheur. À travers la religion chrétienne, Dante met en lumière l’importance de la femme : ce n’est plus quelqu’un qui tient le foyer, c’est le sujet de l’amour qui doit se vivre : le cœur du bonheur. J’ignore si c’est la clé du prince de Teano et de Balzac, mais jusqu’à présent c’est la mienne.
Si Dante peut adresser cet éloge à la femme, c’est parce qu’il sépare les pouvoirs temporel et spirituel. Pas les Grecs, pas Homère. L’écrivain florentin fait la différence entre la religion dans la vie publique et la religion dans l’intimité. Dans la vie publique, la religion permet de vivre ensemble. Dans l’intimité, la religion – ou spiritualité – permet d’être heureux. Et pour atteindre cette béatitude la femme est essentielle, qu’elle s’appelle Béatrice, Alice, Clélia ou…

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Esempio 1
dal30 marzoile 2013

La Vie nouvelle, premier grand texte lyrique en langue vulgaire, marque la naissance – en prose et en vers – de l’auto-biographisme. Le jeune Alighieri, à partir du «livre» de sa mémoire, y ordonne, selon une structure tripartite restituée par l’édition Gorni (annonçant l’architecture de La Comédie), ses poèmes d’amour en fonction de la louange de Béatrice; plaçant, nous dit-il, «toute ma béatitude dans ce qui ne peut me faire défaut» (fin du premier tiers): un concentré du chef-d’œuvre futur.


The Vie nouvelle, first great lyrical text in popular language, marks the birth – in prose and verse – of autobiography. It is a concentrated forerunner of the future masterpiece, the Divine Comedy.
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Lecture de l’Odyssée et de La Divine Comédie /Lettura dell’Odissea e della Divina Commedia


di Antoine Seignez
Est-ce mon orgueil qui me pousse à la folie de faire une lecture comparée de ces deux chefs-d’œuvre jamais contestés, gloires de la Grèce et de l’Italie, de la langue d’Homère et de celle de Dante ? Pour être honnête : non. D’abord, je ne parlerai que d’un ou deux aspects de ces œuvres. Et puis, je ne voulais parler que de La Divine Comédie au départ. Je l’ai lu avant l’Odyssée. Les aventures de Dante en enfer, au purgatoire et au paradis m’ont toujours fasciné (peut-être avant même de les avoir lues, à cause du délicieux adjectif « dantesque », et de films muets où l’on voit Dante horrifié et Virgile cheminer entre des têtes émergeant de la terre infernale, la bouche ouverte, les yeux vagues, des têtes de pauvres fantômes qui crient, pleurent…). J’étais content de ma lecture, et des explications que la
Henry Holiday, Dante incontra Beatrice al ponte Santa Trinita, 1883
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La Frusta Letteraria - Rivista di critica culturale on line
E’ l' orgoglio che mi invita alla follia di fare una lettura comparata di questi due capolavori ineguagliati, glorie della Grecia e dell’Italia, della lingua di Omero e di quella di Dante? Per essere onesto: no. Primo, parlerò solo di uno o due aspetti di queste opere. Secondo, volevo solo parlare della Divina Commedia all’inizio che ho letto prima dell’Odissea. Le avventure di Dante nell’inferno, nel purgartorio e nel paradiso mi hanno sempre affascinato (forse già prima di averle lette, a causa del delizioso aggettivo “dantesco”, e di film muti dove si vede Dante inorridito e Virgilio camminare tra teste emergendo dalla terra infernale, con la bocca aperta, gli occhi sfocati, teste di poveri fantasmi che gridano, piangono...). Ero contento della mia
lettura, e delle spiegazioni che la traduttrice dava per chiarire l’opera. Poi, ho letto su wikipedia (francese) che Balzac amava la Divina Commedia (il titolo della Commedia umana è un tributo all’opera di Dante), “il solo poema che i moderni possono opporre a quello di Omero”. Aggiunge che non era mai soddisfatto per ciò che si dice sulla Divina Commedia, soprattutto ciò che i commentatori dicono, e ringrazia il principe di Teano di avergli rivelato la chiave dell’enigma. Inevitabilmente, sono stato turbato e mi sono domandato se avessi ben capito il libro...
Un anno più tardi, ho letto l’Odissea. Non mi ricordavo quasi niente dei passaggi che avevo letto a scuola, quando avevo dieci anni. (Mettere Calipso nelle mani di un bambino...) Ulisse è sparito dopo la guerra di Troia; sua moglie Penelope aspetta fedelmente, mentre dei vili proci la stuzzicano. Aspetta venti anni. Nel frattempo, Ulisse vive parecchie avventure, pericolose e palpitanti, di mostri e di donne. Finisce a rittrovare Itaca, sua moglie, suo figlio Telemaco, e uccide i cortigiani. Come vogliono i dettami dell’epopea, Omero glorifica le virtù dell’epoca: per l’uomo, valore al combattimento, devozione alla patria, protezione della famiglia, costanza, amore dei piaceri della vita (banchetti, letto); per la donna, fedeltà, pazienza, capacità a farsi da parte. L’uomo lotta contro l’uomo, accarezza le donne, caccia gli animali: è conquistatore; la donna aspetta, piange figlio e marito: accudisce  la casa.
Peraltro, nell’Odissea, gli dei sono gli slanci del cuore degli umani, le vicende della vita, o ancora la fortuna ed il destino (ma non un destino suggellato per una forza superiore: un destino frutto di scelte e azioni degli uomini). Gli dei sono mutevoli come gli eventi possono esserlo, cambiando ad ogni istante. Ogni cosa che è chiamata “dio” rappresanta una cosa, infine, umana (la guerra, il coraggio, anche la giustizia) o naturale (il vento, il sole): sono metafore, metafore sia dell’ambiente, sia delle azioni, delle capacità degli uomini. Come ha scritto Malraux nel Museo immaginario, un saggio brillante sull’arte, i Greci sono il primo popolo a dare una forma umana idealizzata ai loro dei, ad essere umanista se possiamo dire. E’ quello, secondo me, che fa anche Omero nell’Odissea: tra personnaggi eroicizzati, dice come gli uomini devono comportarsi, vivere, agire, non per soddisfare gli dei, l’equilibrio del mondo od altra cosa sacra, ma per essere in accordo con l’aspirazione della loro società. Il potere è passato dagli dei agli uomini.
La Divina Commedia è la risposta di un cristiano che ha appreso la lezione dell’Odissea. Ognuno è giudicato e sanzionato da Dio: peccatore all’inferno, santo al paradiso, peccatore di colpe minori al purgatorio. Il potere è tornato a Dio; il solo arbitrio che ha mantenuto l’uomo è quello di guidare la sua vita per soddisfare gli insegnamenti di Dio. Comunque, quando gli uomini di quest’epoca giustificano le loro azioni per Dio, la parte di vera credenza e la parte di pretesto sono difficili da determinare. Ma è sicuro che la fede del Medioevo non è la stessa di quella dell’Antichità greca: i Greci antichi cercavano di vivere sotto gli dei, gli Europei medievali cercavano di vivere secondo Dio. Tutta la Divina Commedia racconta il destino che Dio fa agli uomini secondo le loro azioni, dopo la morte, glorifica quelli che hanno ben seguito la parola divina, punisce quelli che hanno seguito altra regola. Come Ulisse, Dante fa un viaggio, ma non è mica un eroe! è un umano, una creatura limitata; prima, è peccatore; poi, ha reazioni umane davanti i peccatori (compassione, disgusto), i santi (umiltà, fascinazione); è variabile, non come Dio, è debole, non come Dio, di chi dovrebbe però seguire la legge.
Tuttavia, ciò non vuol dire che seguire questa legge esigente è una sofferenza, una crudeltà. La funizone assegnata a Beatrice nella Divina Commedia, l’amore perduto di Dante, è molto interessante. All’inizio, si capisce che Dante ha tradito Beatrice con altre donne, un peccato secondo la religione cristiana. Verso la fine del purgatorio, Virgilio si ferma e, tra i santi più famosi, Beatrice ritrovata guida Dante quasi fino allo zenit del paradiso, alla beatitudine. Che vuol dire? Ulisse ha conosciuto Calipso, Circe ed altre durante il suo esilio, poi è tornato ad Itaca e nessuno glielo rimproverava. Ma per Dante è peccato, perché l’amore di una donna unica, vale a dire il suo rispetto, rapporto con lei, ascolto, altruismo, divisione, la sua conoscenza, guida alla beatitudine. E gli insegnamenti di Dio invitano in un modo primordiale al matrimonio e ne richiedono la fedeltà come intimo obbligo; quindi seguire la legge di Dio può richiedere uno sforzo, ma non è certo una sofferenza: è il cammino verso la felicità. Per mezzo della religione cristiana, Dante sottolinea l’importanza della donna: non è più qualcuna che assicura la casa, è il soggetto dell’amore che deve esplicitarsi: il centro della felicità. Non so se sia la spiegazione del Principe di Teano e di Balzac, ma è certamente la mia.
Se Dante può esprimere questa lode alla donna, è perché separa i poteri temporale e spirituale. Non così i Greci antichi, non Omero. Lo scrittore fiorentino opera una differenza tra   religione  pubblica  e  religione privata. La religione pubblica permette la vita collettiva. La religione nell’intimità – o spiritualità – permette di essere felice. E per questa felicità che la donna risulta essenziale, che si chiami Beatrice, Alice, Clelia o...
Antoine Seignez
Italiano corretto da Demetrio Marra


Herbert James Draper (1863 – 1920) - Ulysses and the Sirens - Oil on Canvas Kingston-Upon-Hull, Ferens Art Gallery